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Réemploi d'éléments architecturaux après destructions du bourg

Quelques détails architecturaux médiévaux qui témoignent du passé tourmenté de Gignac (guerres, destructions, reconstructions) :

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La tour-donjon : dernière surélévation (XIVe siècle)

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Bretèche de la tour-donjon ouverte sur l'Ouest
(actuellement donnant sous le toit construit au XVIIe s)

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Modillon en réemploi sur la porte d'entrée Sud

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Linteau XIVe siècle

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Gignac pendant la guerre de Cent Ans

  
En 1356, les anglais incendient et dévastent la région. Gignac et Tersac sont pris.
En 1369, depuis Carlux dont ils se sont rendus maîtres, les anglais lancent des incursions meurtrières sur Gignac, poste avancé de la Vicomté, sur l’ancienne voie Carlux-Turenne.
En 1399, les hommes de toute la vicomté, lassés des méfaits des anglais se regroupent à Gignac et Saint-Bonnet. Ils engagent une lutte sans merci contre l'envahisseur.
Gignac devient pendant cette période un village fortifié dominé par un donjon plusieurs fois rehaussé comme le montrent les divers appareillages de ce qui est devenu en 1987 le nouveau clocher de l’église.
Le bourg est dévasté par les bandes anglaises et reste complètement désert pendant une grande partie du XVème siècle.

Qui sont ces Anglais dont Gignac a gardé le souvenir dans trois toponymes : la Bombarderie, la Maison des Anglais, le Pech d’Anglé ? Deux camps sont en présence, ceux qui prennent parti pour le Roi de France, et ceux qui sont favorables au Roi d’Angleterre. Il y a très peu d’anglais venus d’Outre-Manche dans l’affaire ! Les hommes d’armes du camp anglais sont essentiellement Bordelais, Gascons, Béarnais, Agenais, Périgourdins, et même Quercynois ou Limousins de Malemort.
Dans le camp opposé, il y avait surtout des nobles du Quercy, des voisins du Rouergue, quelques Ecossais, et même des Italiens. Tous ces combattants ignoraient la langue anglaise et la langue française, ils parlaient presque tous un dialecte de la langue d’Oc. Il n’empêche que les partisans du Roi de France appelaient leurs adversaires bretons et autres anglais.
Il s’agissait en fait d’une sorte de guerre civile. Les bandes dites anglaises étaient constituées de brigands redoutés qui assaillaient les villages et s’installaient sur place après avoir chassé les habitants. Sans doute les bandes du camp anglais se sont-elles installées un certain temps dans le sud de la commune. Les habitants d’alors ont conservé le souvenir de cet événement en donnant au lieu le nom de ces brigands redoutés, d’où ces toponymes Pech d’Anglé, Maison des Anglais.

        
Gignac pendant les guerres de religion

         
En 1569, Gignac est mis à sac. La grange d'Obazine de Baudran et son église sont détruites. La Blénie (membre de Baudran) est dévastée.
En février 1586, le Duc de Mayenne est à la tête d’une impressionnante armée : six régiments de Français, un de Suisse, une Gendarmerie Française importante, trois d’Albanais et quatre de reistres, faisant plus de douze cents chevaux. Il s'empare aisément de Gignac aux premiers coups de canon. Le bourg est de nouveau dévasté. Le Duc fait pendre les soldats huguenots dans l'église de Gignac et dans la grande salle du château de Tersac.
Voici le texte du chroniqueur de l’époque, Agrippa d’Aubigné  (en français du XVIe siècle) :
"Le Duc ne garda aussi pour soi que six regiments de François et un de Suisse, mais plus de gendarmerie Françoise, trois d’Albanois et quatre de reistres , faisans plus de douze cents chevaux. Cependant que l’Evesque de Perigueux le festinoit, le Vicomte de Turenne attaqua quelques places qu’il faillist, prinst par force Lenziere , à deux lieux de Bergerac, et de là sauta à Sainct Fenne  pres de Montsegur ; tout fut tué aux deux dernieres. L’Evesque de Perigueux impetra de son hoste le siege de Montignac, qui fut commode en partie pour durant cette affaire vuider le different du passage de Dordongne . Après donc que le Duc eut receu de Perigueux et d’Aubeterre quelques pieces de plus, il n’y avoit à Montignac, en la ville et au chasteau, que six vingts hommes commandez par le capitaine More . Cela fut cause que ne pouvans defendre la ville, ils furent reduits au petit pied . Après donc environ trois cents coups de canon, la place se rendit à capitulation , les Gentilhommes avec l’espee, et les soldats avec le baston blanc.
Là fut passee Vedere . Ceux de Sarlat pressoyent qu’on assiegeast Montfort, mais le Duc par le conseil de Sainct Sulpice prit son chemin à Gignac .
De cette approche, la Morie  quitta Tules , se retire à Turenne, où il fut tué aux escarmouches qui se passerent entre la garnison et la teste du Duc. L’armee fut renforcee de quelque cavalerie et entr’autres de Cornusson.
Plusieurs bicocques quitterent . Gignac opiniastré  fut emporté aux premieres volees de canon, et ce qui fut trouve fut pendu. Du vent de cela, Belloc se rendit où l’armée passa la Dordongne.
   

Que reste-t-il de ces deux périodes ?

Des toponymes :

- la Bombarderie, la Bombarde. L’allusion à un fait historique est évidente. Une bombarde est une machine de guerre primitive, des XIVe et XVe siècle, lançant des boulets de pierre ou de fer. Elle était utilisée pendant la Guerre de Cent Ans. La bombarderie est l’ancien nom de l’artillerie, en usage jusqu’au règne de Louis XIII.
- la Maison des Anglais,
- le Pech d’Anglé

Quelques détails architecturaux

Des pierres et linteaux en réemploi, des reconstructions visibles au niveau des appareillages.


Date de création : 07/06/2021 10:33
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